2 juillet 1859

« 2 juillet 1859 » [source : BnF, Mss, NAF 16380, f. 153], transcr. Mélanie Leclère, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.9801, page consultée le 25 janvier 2026.

Cher adoré, je ne veux pas déjeuner avant d’avoir donné satisfaction à mon pauvre cœur qui pâtita du long jeûne que lui font toutes les misères de MON MÉNAGE. Aujourd’hui, je m’insurge et je me croise les bras comme la marche guerrière du citoyen Durand1 : sauvons-nous, sauvez-vous… Je ne sais pas si tu comprendras ce FIN rapprochement entre ma prose et sa poésie, mais le malheur ne sera pas grand si ma pointe t’échappe. En attendant je t’aime à pieds et poings liés car je suis si courbaturée que je ne peux plus bouger. Heureusement que je n’ai pas besoin du secours de mon corps pour t’aimer de toute mon âme. Aussi, je m’en donne à cœur joie, du bon amour, et je t’aime par-dessus le mur, par-dessus les moulins, par-dessus tout, par-dessus le bon Dieu. Telle est ma force.


Notes

1 Claude Durand était au nombre des proscrits ; chansonnier et paysan, ne manquant pas d’humour, il avait écrit un « Remerciement desRépublicains au citoyen Victor Hugo pour son Napoléon le Petit » au refrain militant, dont le manuscrit est daté du 11 décembre 1852 (Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo, t. II, « Pendant l’exil I (1851-1864) », Paris, Fayard, 2008, p. 229).

Notes manuscriptologiques

a « pâtis ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo refuse l’amnistie accordée aux proscrits, préférant rester en exil tant que Napoléon III est au pouvoir.

  • 9 juilletCharles Hugo vient pour la première fois chez Juliette Drouet.
  • 18 aoûtHugo refuse l’amnistie.
  • 20 août-9 septembreSéjour de sa sœur et son beau-frère à Guernesey.
  • 26 septembrePremière série de La Légende des siècles.
  • 2 décembreAppel en faveur de John Brown, militant antiesclavagiste, condamné à mort aux États-Unis.